Les agriculteurs impuissants devant le «Tuta Absoluta»
· Les cultures en pleins champs très vulnérables
· Les serres pour sauver les exportations
La tomate à 13 DH le kilo, du jamais vu au Maroc! Entre le début du Ramadan et aujourd’hui, le prix du kilo est passé de 5 à 9 DH à la sortie du marché de gros. Une flambée des prix due à une baisse de l’offre en tomate, passant de 110.000 à 80.000 tonnes pour le mois de septembre. Cette baisse est expliquée par le ministère de l’Agriculture par les ravages occasionnés par l’insecte Tuta Absoluta dans les cultures de tomate. Au ravageur s’ajoutent les fortes chaleurs des derniers jours de juillet qui ont décimé une bonne partie de la production de tomate. Ce déficit tombe à un mauvais moment, puisqu’il coïncide avec le Ramadan, période de grosse consommation en tomates. Les prix s’en ressentent immédiatement. «En moyenne, la tomate se vend à 4,5 DH par exploitation agricole», explique Samir Tazi, membre de l’Association des producteurs et exportateur de produits maraîchers (Aspem).
Pour l’heure, le plus important reste la lutte contre le Tuta Absoluta qui peut provoquer jusqu’à 100% de perte de la production sur les plants de tomate. La culture en pleins champs reste la plus vulnérable parce qu’elle ne dispose pas des mêmes moyens de protection que la culture sous serre. «Les insecticides et certains produits utilisés pour lutter contre le ravageur ne sont pas assez efficaces», expliquent certains producteurs. Par ailleurs, ces produits sont rares sur le marché, ce qui ne manque pas de doper les prix là aussi, indiquent-ils. Toutefois, en ce qui concerne la culture sous serre, «le gros des efforts est d’empêcher l’insecte de rentrer dans les cultures, avec le renforcement des filets de protection, en plus de la lutte biologique», indique Serghini Laraisse, directeur de l’Association des producteurs et exportateurs de fruits et légumes (Apefel). «Les producteurs de tomate sous serre sont mieux préparés en matière de lutte contre ce ravageur. Déjà, il y a une dizaine d’années, ils ont dû affronter la mouche blanche, un autre insecte dévastateur. Les moyens de lutte sont presque identiques», explique Younes Zrikem, producteur et exportateur de tomate.
La culture de plein champ reste le principal pourvoyeur du marché en été. Les dangers liés au Tuta Absoluta ne sont pas à exclure pour l’année prochaine. Aussi, certains professionnels proposent-ils d’aider les producteurs à développer des cultures sous filet, même en été.
En attendant, les mesures de lutte contre le Tuta Absoluta, principalement dans les cultures sous serre (dont une partie de la production est destinée à l’export), devraient donner leurs résultats dans les prochaines semaines. «Il faut attendre la croissance de la plante avant de se prononcer sur l’état des dégâts causés par le Tuta Absoluta», indique le directeur de l’Apefel. A noter que l’insecte attaque aussi la pomme de terre, l’aubergine et le poivron…
F. Fa
Leconomiste.com












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