les neuf suspects de l’attentat sanglant de Marrakech jugés jeudi

L'attentat avait eu lieu sur la place Jamâa El Fna à Marrakech, haut lieu du tourisme marocain.

L'attentat avait eu lieu sur la place Jamâa El Fna à Marrakech, haut lieu du tourisme marocain.

Le procès de neuf suspects de l’attentat à la bombe de Marrakech qui avait fait 17 morts fin avril doit reprendre jeudi à Rabat en présence des proches des huit victimes françaises. L’explosion avait notamment coûté la vie à une fillette de 10 ans originaire d’Herlies, dans les Weppes.

La première audience du procès du poseur de bombe et de huit complices présumés, devant la Cour d’appel de Rabat, avait eu lieu le 30 juin, avant d’être reportée une première fois au 18 août, puis une seconde fois au 22 septembre. « Je suis prêt. Je ne souhaite donc pas qu’il y ait un nouveau report », a déclaré lundi à l’AFP Omar Abouzouhour, l’avocat de neuf familles des victimes de l’attentat.

L’attentat avait été commis sur la terrasse du café Argana, au coeur de la célèbre place Jamâa El Fna à Marrakech, haut lieu du tourisme marocain. Il avait été perpétré en pleine vague de contestation populaire mené par le « Mouvement du 20 février » en faveur de réformes politiques et sociales au Maroc, dans le sillage du « Printemps arabe ». L’attentat avait également fait craindre une vague de répression de la part du pouvoir similaire à celle qu’avaient déclenchée les attentats islamistes de 2003 à Casablanca (45 morts dont 12 kamikazes). Si une telle répression n’a pas eu lieu, les autorités ont nettement renforcé les mesures de sécurité depuis le mois d’avril sur les routes et aux entrées des villes du royaume.

« Le Maroc souhaite que le procès soit terminé avant fin décembre, que cela se termine le plus vite possible parce qu’à chaque fois que l’on parle de l’attentat, c’est pas très bon pour le tourisme », a indiqué à l’AFP depuis Marseille (sud de la France), Jacques Sombret, le père de l’une des victimes françaises. « Quand vous voyez que El-Atmani (ndlr, le principal suspect), à trois reprises, a quitté le Maroc avec un passeport, pour aller en Afghanistan, en Libye, et qu’à trois reprises, il a été refoulé vers son pays (..) La police marocaine n’a ensuite effectué aucune surveillance d’El Atmani », a-t-il déploré. Le principal suspect Adil El-Atmani, qui travaillait dans un commerce de chaussures à Safi, à 150 km au sud de Casablanca, a été présenté par des

voisins comme un jeune homme pieux, mais querelleur.

« Idéologie jihadiste »

Selon une source au sein des services de sécurité, un téléphone portable découvert dans le café soufflé par l’explosion actionnée à distance a permis aux policiers de remonter jusqu’à lui. Des témoins ont indiqué que le principal suspect, qui portait une perruque et des lunettes de soleil, s’est servi d’un gros sac à dos chargé d’explosifs qu’il a actionnés quelques minutes après avoir quitté le café Argana.

Au cours de la dernière audience du procès, Al-Atmani avait clamé à voix haute devant l’assistance son « innocence » et réclamé « l’intervention du roi ». « Al-Atmani ne m’a pas encore dit pourquoi il a changé d’attitude car (..) juste après son arrestation, il avait reconnu les faits devant la police judiciaire et devant le juge d’instruction », a indiqué son avocat, Me Abderrahman Al-Abidine, joint par téléphone. « Il y a 9 suspects. Certains sont suspectés de ne pas avoir informé les autorités du projet terroriste. D’autres sont suspectés d’avoir fourni de l’aide au principal suspect », a-t-il précisé.

« Lors de ma dernière rencontre avec M. Al-Atmani, il m’a dit qu’il voudrait un exemplaire du Coran », a encore dit l’avocat du principal suspect. Au lendemain de l’attentat, le ministère de l’Intérieur avait indiqué que le principal prévenu – qui risque la peine capitale avec ses complices, si reconnus coupables – « est fortement imprégné de l’idéologie jihadiste » et « exprime ouvertement son allégeance pour Al-Qaïda ». Mais Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a nié toute implication dans l’attentat.

Selon l’acte d’accusation, les prévenus sont accusés « de porter gravement atteinte à l’ordre public, assassinat avec préméditation (..) et appartenance à un groupe religieux interdit ».

AFP


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